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On oublie trop souvent que la rêne est un instrument
de communication, la main étant la "communicante" et la bouche du cheval la "réceptrice" de ce dialogue.
Posez vous sur les bords d'une carrière, d'un manège ou d'un paddock les jours de concours pour observer
le travail individuel de chaque cavalier(ière) et suivez attentivement leurs actions de mains sur et avec les rênes ...
Dans 80% des cas, ils ne font que tenir leurs montures que ce soit au pas, au trot et au galop et ne se servent des rênes
que pour ralentir et arrêter...et comment s'en servent ils ?
En tirant vers eux...
Vous en verrez même beaucoup qui continuent a "tenir" le cheval par des rênes tendues a l'arrêt ou au pas pendant les moments de
repos ou de détente...et sans relacher l'emprise....
J'exagère ? Faites le test vous même et je suis persuadé que vous serez convaincus !
Seulement il ya un problème a cet état de fait, celui de la différence de poids (et de force) entre les deux opposants...
Le cheval pèse entre 5oo et 700 Kg et le cavalier 8 à 10 fois moins...Et, s'il ne s'agit pour le cavalier que de "tension"(et non pas
"communication") par l'intermédiaire des rênes, la confrontation tournera vite a l'avantage de l'animal...
Les rênes ne sont qu'un moyen de transmission...c'est par cet intermédiaire que le cavalier va dire au cheval ce qu'il attend de lui...
Et donc, il faut, poser un impératif, celui de démontrer qu'on ne doit jamais tenir les rênes tel qu'on l'entend de la part de la grande majorité des
enseignants actuels c'est a dire "a pleine mains" le pouce serré interdisant le glissement de la rêne...
"La rêne se rapproche d'un instrument de musique, elle est un piano, un violon, une harpe...
On joue de la musique sur une rêne, on pianote sur des touches ayant une résonnance dans le mental du cheval, comme la touche d'une note sur un piano résonne musicalement.
On fait vibrer une rêne, on caresse la bouche d'un cheval avec.
Par de simples variations d'angles, on doit pouvoir déplacer la répartition du poids du cheval. Par une infime vibration, on mobilise la machoire"
(J.d'Orgeix "Les mains et autres non dits de l'équitation."...aux éditions
Belin)
Malheureusement ce tres beau texte ne peut pas nous faire oublier que la rêne peut aussi être la cause de multiples désagréments dûs a un
mauvais usage tel que résistances, contractions, blocages d'encolure et mauvais engagement ...
Elle peut être notre meilleure amie mais aussi notre pire ennemie du fait de la sensibilité de la bouche du cheval qui a horreur des plus légers "chocs" sur la commissure des
lèvres...quand c'est lui même qui les provoque en voulant descendre son encolure pour se rééquilibrer...
mais qui peut supporter un appui, une traction tres forte sur son mors sans en être autrement géné même si par cet "appui" il devient en
quelque sorte un "handicapé" de par les contractions multiples que cet "appui" suppose.
La manière dont nous nous servons des rênes, notre façon de les tenir, le placement de nos main sur elles déterminent en grande partie le
résultat des actions que nous demandons a nos chevaux...
ci-dessus: B.Duhamel (disciple de JDO depuis toujours) sur GIOTTO II...Aix en Provence
CSI...145/150)
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ci desssus , au cours d'un stage proposé par Nathalie d'Orgeix
il est question de faire connaitre le "ressenti" des deux cavalieres sur des rênes "fluides" sans appui des chevaux sur le mors...
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(Video ci dessus) :le danger de l'appui expliqué par J.d'Orgeix
La main, la rêne et la bouche du cheval forment un ensemble étroitement liés et chaque action de l'une d'entre elle trouve son écho
répercuté dans l'action de l'autre...
Il est extrèmement curieux que l'enseignement officiel fasse si peu de cas de cet état de fait et n'en parle pour ainsi dire jamais ...
A part les demandes assez ahurissante et inscrite sur les manuels officiels d'avoir une main "fermée" sur la rêne avec un pouce "serré" sur celle
ci pour éviter qu'elle ne glisse...
et donc un appui permis sur le mors, entrainant d'abord une tension se transformant petit a petit en traction pour finir par un
cheval sur les épaules...
Demandes totalement abracadabrantesque !!!
Dans l'équitation qui nous occupe, celle de l'obstacle, le premier impératif est sans conteste celui d'avoir la main "ouverte" afin
d'obtenir, par les conversations multiples et variées avec le cheval au cours un parcours, qu'il soit exécuté avec le maximum de confort pour celui ci et de légèreté pour le
cavalier...
Oui me direz vous, mais il faut quand même tenir les rênes ?
Bien évidemment et de la manière la plus simple qu'il soit, en posant la rêne dans le creux existant entre la base du pouce et l'ensemble de
la main...
Et maintenant, il ne s'agit plus que de faire pivoter les mains de manière qu'elles soient pratiquement parallèles a la bouche du cheval, le pouce
vers l'arrière et le tranchant de la main en avant...
De ce fait, la main est posée presqu'a plat sur la rêne....l'action sur la rêne est alors obtenue par le relèvement du pouce et
l'abaissement du tranchant de la main ...
Autrement dit par une "action indirecte"...
C'est totalement contraire a ce que nous venons de relater en parlant de l'enseignement "officiel" qui,
par le fait d'une main fermée et d'un pouce serré sur la rêne, ne peut intervenir que soit par action d'avant en arrière en reculant les mains, soit en serrant un peu
plus les doigts...
Mais toujours en un mouvement d'avant vers l'arrière......donc, en
"tirant"....
" L'action indirecte" que nous préconisons est forcément perçue par le cheval mais de façon excessivement amortie n'ayant rien de commun avec
celle qui est donnée par une "action directe"
Pour travailler en "action indirecte" le cavalier doit avoir ses mains presqu'a plat sur les rênes...un peu comme vos mains sur le clavier de
votre ordi lorsque vous tapez votre texte...ce qui demande une certaine ouverture des coudes, donc une certaine décontraction des épaules...et quand on sait que les actions des mains doivent
partir des épaules et non des biceps !
Pour agir sur la bouche du cheval, le cavalier doit faire pivoter son avant bras (mouvement commandé par les épaules) ce qui provoque a
la fois la remontée du pouce et l'abaissement (l'appui sur la rêne) du tranchant de la main...
Et c'est là que réside toute l'importance de notre démarche dans ce cas précis...ne jamais agir sur les rênes par un action directe (traction) mais toujours par rotation de l'avant bras (paumes
vers le bas) de façon indirecte (appui sur les rênes par les doigts)
(Jean d'Orgeix...Photo H.Daffos)
Ce travail par le tranchant de la main doit être enseigné des le tout début de l'éducation du cavalier car il permet tout a la fois une grande
douceur dans l'action mais aussi une grande fermeté si besoin se fait sentir...
Mais plus important encore, il offre la possibilité par la simple action des seuls doigts sur les rênes le pianotage, garant de la
mobilité de la machoire et gage de douceur et de légèreté
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ci dessus: D.Lopez
(pro2) en stage avec Nathalie d'Orgeix pour une approche de l'obstacle sur des rênes FLUIDES (jamais tendues) par des actions légères de mains OUVERTES de bas en haut, au galop
enlevé avant de s'asseoir dans la zone d'abord...Equilibre et légèreté sont au rendez vous !
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Réflexions...
Cidessus H.Daffos sur Vizir (Iberique)
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Réflexion...
A une personne qui me posait récemment la question: mais non d'une pipe on peut tout de même bien monter à cheval sans pour autant appliquer
la méthode d'Orgeix ?
Je lui ai faite la réponse suivante: Bien entendu ! Mais à condition
toutefois d'appliquer les principes de monte que Jean d'Orgeix a toujours défendus. Prenons un seul exemple:
L'un des principes fondamentaux de Jean d'Orgeix est la décontraction du cheval (et par voie de conséquence du cavalier), préalable a toute équitation de qualité. L'un des piliers
incontournable dit-il.
Jean d'Orgeix souligne qu'un appui sur le mors même léger, avec une tension continue des rênes du
cavalier, même minime, entraine systématiquement une contraction des muscles de l'encolure du cheval et de toute la ligne de dessus.
Or ceci est un fait absolument incontestable mécaniquement parlant, le cheval étant obligé d'annuler la tension exercée sur sa bouche par
une contraction de son encolure.
Et si cette contraction même légère existe, elle empire généralement sur une action de main du cavalier (phénomène d'action-réaction),
entrainant alors un blocage de toute la ligne dorsale.
Fort de cette constatation, Jean d'Orgeix nous conseille alors logiquement, pour conserver un cheval pleinement décontracté qui pourra ainsi
préserver toute son expression musculaire, de monter avec un infime contact, le cavalier dialoguant en permanence avec son cheval grâce à une machoire toujours mobile.
L'enseignement de Jean d'Orgeix va donc, à travers la méthode qu'il propose, nous indiquer, à partir de son expérience de cavalier et de
coach de très haut niveau, l'esprit dans lequel il faut travailler et les aides optimales à utiliser pour précisemment favoriser cette légèreté.
La tenue des rênes permettant de travailler en actions dites "indirectes" me semble un élément fondamental pour accéder à la fluidité
nécessaire des rênes pour éviter toute contraction de son cheval.
Par ailleurs, quel enseignant oserait prétendre qu'il faut monter avec un cheval "contracté"?
Aucun, bien entendu !
Et pourtant nombre d'entre eux vont demander leurs élèves d'établir un "bon" appui avec la bouche de leurs chevaux afin de pouvoir mieux
les contôler et surtout de les "tendre" sur la main.
En réalité cette tension continue des rênes va irrémédiablement engendrer la contraction du cheval et, le frein à main étant ainsi serré
en permanence, une disparition partielle de l'impulsion.
Pour y remédier, le cavalier va devoir utiliser davantage ses jambes, facteur supplémentaire de contraction du cheval. Le cercle vicieux
est ainsi entamé (expérience vécue !!!). De plus cette tension continue préalable des rênes va inciter le cavalier à tirer lors d'une action de rênes.
Il existe donc une contradiction flagrante chez un enseignant qui
d'un côté, prône la décontraction du cheval et, de l'autre, conseille de tendre les chevaux en préconisant un appui sur la main, sans d'ailleurs expliquer pourquoi.
Simple intuition probablement ! D.Durand
(Ci-dessus ..B.Duhamel sur PIN UP sf 7 ans):
L'obstacle pris en "décroissante". Cette video, la meilleure preuve de l'éfficacité d'une action de main sur des rênes "fluides" sans aucun appui du cheval sur le mors...
On est loin du discours officiel: demander un appui franc pour "tendre" le cheval ....
Un cheval "tendu" par l'appui sur la main ?..tragique plaisanterie !
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(ci dessous)Une super leçon d'indépendance des aides
supérieures...cavalière assise naturellement, mains au dessus de la bouche du cheval, tres légère tension des rênes supportée par un cheval "en équilibre"...Toute l'équitation "en
légèreté" se retrouve dans cette séquence...
Merci a l'enseignante, a la cavalière...et au cheval (ou jument) !
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RETOUR sur le site: http://www.equi-midi.fr/
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La série des DVD (J.d'Orgeix) : http://www.jumpingvideo.com
Nathalie d'Orgeix: ses stages (e.mail : orgeix@infonie.fr)
Les cahiers de dressage de Nathalie: cliquez
ici 23)-Les stages de Nathalie d'Orgeix (1)..ses cahiers de
dressage
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A lire: "Dresser c'est simple" de J.d'Orgeix (Belin)
"Les MAINS et autres non-dits de l'équitation" de J.d'Orgeix (Belin)
"Angles et rythmes" chez Robert Laffont
"Chevalier d'aventures" chez Belmond
"Ils ont dit..." de Nathalie d'Orgeix chez Lavauzelle
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